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Alimentation & Habitudes

Manger correctement n’est ni naturel ni instinctif, mais exige d’organiser des circuits de neurones dans le cerveau, à des moments précis, selon une chronologie programmée par les gènes pour «enregistrer» non seulement le nom et le goût des aliments, mais aussi apprendre le plaisir de manger.

Le cerveau peut travailler plus la nuit que le jour ; donnez-lui assez de glucides, du pain notamment, au dîner pour éviter une hypoglycémie nocturne, certes insensible, mais qui altère la mémorisation en perturbant le stockage des données acquises et en réduisant leur restitution. De même, comme la glande thyroïde sécrète deux fois plus d’iode pendant la nuit, préférez le poisson au repas du soir. Un mauvais sommeil favorise l’obésité, et il faut 20 minutes au réveil avant d’avoir faim: inutile de forcer les enfants à prendre un petit déjeuner au saut du lit! Enfin, la lumière synchronise nos rythmes avec l’environnement via la rétine ; il est donc naturel de prendre le repas de midi à 14 heures, décalage horaire légal oblige…

Il faut prendre les vitamines qui se dissolvent dans l’eau (B et C) tous les jours, à la différence de celles qui se dissolvent dans les lipides (A, D, E et K) et se stockent dans les graisses. On sait aussi depuis peu qu’il y a des protéines lentes et d’autres rapides, qui se complètent pour assurer un bon renouvellement musculaire notamment. C’est pourquoi une personne âgée a intérêt à consommer 70 % de sa ration quotidienne de protéines au déjeuner plutôt que de les répartir sur quatre repas, et les plus jeunes à la fractionner sachant qu’après tout exercice physique, même modéré, la récupération est plus rapide en y ajoutant des glucides.

L’huile de la vinaigrette favorise le passage du bêta-carotène des carottes, mais aussi de la lutéine et la zéaxantine, précieuses pour la rétine. L’huile de colza complète les oméga-3 des sardines. Les acides aminés indispensables doivent être associés, sinon la restriction de l’un induit une réduction de l’utilisation de tous les autres ; c’est pourquoi, dans les plats traditionnels, on rajoute une viande aux légumes. De même, la tradition religieuse qui interdit de consommer du veau en même temps que le lait de sa mère est justifiée biologiquement pour éviter que le fer et le calcium ne s’annihilent mutuellement. C’est aussi pourquoi boire du thé sur de la viande est contre-indiqué, car les polyphénols du thé piègent le fer, ce qui en perturbe gravement la digestion ; enfin, le foie et les fruits de mer ne font pas bon ménage avec les agrumes et les choux, car les vitamines B12 et C s’excluent. Dans le lait, le zinc est mieux capté du fait de la présence simultanée de lactose et de protéines. Les fibres des légumes sont plus efficaces quand elles précèdent celles des fruits, car la satiété dure plus longtemps, évitant le grignotage. La cuisson, c’est le plaisir plus l’efficacité ; l’œuf gobé est une ineptie alimentaire, car il perd alors 51 % de sa valeur nutritionnelle ; cuites et écrasées, les tomates augmentent la biodisponibilité du lycopène reconnu pour ses effets préventifs du cancer de la prostate.